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Yann Perreau

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Située à l’ouest de l’Argentine tout près des Andes, Mendoza est l’une des cités phares du pays. Fondée en 1561 dans une région que les autochtones nommaient « terre de sable », elle est également la cinquième capitale vinicole mondiale. Oasis dans le désert.

On the road again

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Sans aucun doute, une des belles surprises de notre voyage en Amérique du Sud fut la qualité du système de transport. Efficace et abordable, la traversée de Buenos Aires vers Mendoza s’est passée à merveille. Billets de bus à seulement 70$ par personne, avec sièges couchants, couvertures, oreillers, télés et repas avec agent de bord au service des passagers; le gros luxe!

Partis vers 20h00 pour arriver le lendemain vers les 10h00, nous allions aussitôt nous trouver une chambre d’hôtel dans le centre historique près de la Plaza Independencia afin de déposer nos sacs pour prendre la Route des Vins en début d’après-midi.

La plupart des producteurs des environs organisent des tours avec visite des caves et dégustation. Entre le deuxième et le troisième vignoble, on est allé visiter un producteur d’huile d’olive, question de se tenir debout jusqu’à la fin du tour. Les artisans sont généreux!

Rafting

Le lendemain matin, nous sautions dans une navette qui nous déposerait au pied des Andes avec une dizaine d’autres voyageurs. L’activité de la journée : Rafting sur le Rio Mendoza.

J’avais déjà expérimenté quatre sorties sur différentes rivières cascadeuses, mais cette ride fut définitivement la plus sportive et excitante. Plus de 25 kilomètres  de rodéo aquatique sauvage, deux heures à se faire ramasser par les eaux qui descendent directement de la fonte des neiges Andines. Hi! Ha!

Les Andes

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Après avoir bien profité de l’hospitalité des Mendozinos, du charme de leur ville aux longues avenues bordées d’arbres, de leurs terrasses, cafés et autres restaurants qui s’animent surtout à partir de minuit (avant ça, c’est bien trop tôt pour eux!), c’était décidé, nous allions continuer notre chemin, fouler les derniers villages Argentins dans les Andes près du Chili.

Dans une ravissante vallée au pied de montagnes superbes, Uspallata est située à une centaine de kilomètres à l’Ouest de Mendoza. C’est le seul village important avant la frontière chilienne.

Nous avons loué des VTT pour explorer la campagne désertique et visiter les ruines de Las Bovedas. Les hauts-fourneaux construits au XIXe siècle par les Espagnols servaient à fondre les lingots d’or et d’argent envoyés ensuite en Europe.

Puente del Inca

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Notre bus repartait en fin de journée pour Puente del Inca à 2800 mètres d’altitude. C’est de cet endroit que les grimpeurs de l’Aconcagua, plus haute montagne des Amériques à 6959 mètres, préparent leur ascension.

On y trouve une arche de sel, l’une des merveilles de l’Argentine. Il y a des siècles, les Incas s’étant aperçus que l’eau chargée de sel et de soufre produisait un sédiment. Ils l’ont donc canalisée pour former un pont de sel, aux dimensions surréalistes, qui surplombe le Rio Mendoza.

Le pont de l’Inca sert de base à la plupart des excursions pour le versant sud de l’Aconcagua. Pour admirer au mieux ce dernier, nous avons continué notre chemin après le pont. Quelle impressionnante montagne, vraiment à couper le souffle!

Chill Chili, on arrive

Comme notre avion allait repartir de Santiago dans moins d’une semaine, nous avons pris la décision de traverser la frontière après un bref, mais vivifiant séjour dans les Andes Argentines.

La route est vraiment splendide, je garderai longtemps dans ma mémoire les différents paysages.

Trépasser les douanes chiliennes fut long et pénible, mais on a réussi! Je terminerai le récit de notre périple sud américain la semaine prochaine en vous racontant Los Andes, Valparaiso et Santiago du Chili qui, lui aussi, vient de passer à droite. Merde.

N’entends-tu pas le vent qui porte le bruit des bottes?

Catégorie : Sur la route

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Après une semaine folle dans la torride Buenos Aires, à bouffer de ses kilomètres de macadam, à déguster de ses surprises délicieuses, à être témoins et complices du délire magnétique qu’elle provoque, nous méritions d’aller nous étendre sur du sable chaud, rôtir tranquilles et nous laisser hypnotiser par les chants d’oiseaux et autres glous glous des eaux. Nouvel objectif : l’Uruguay où nous avait-on assuré, les plages sont plus accueillantes qu’en Argentine.

Go with the flow

L’avantage d’un voyage plus ou moins planifié, c’est la liberté de changer l’itinéraire initial quand bon te semble. Saisir la magie quand elle passe et troquer les plans établis pour de fantastiques imprévus, ça me branche.

Développer l’instinct de la route. À force de voyager, on finit par apprendre ce langage de la vie, on décortique ses partitions. Chante, ma belle, chante!

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Colonia del Sacramento

Donc, le surlendemain de Noël, au lieu de nous diriger comme prévu vers Mendoza, à l’ouest de l’Argentine, nous nous retrouvons à Colonia del Sacramento en Uruguay après une traversée du Rio del Plata (trois heures) à bord du ferry Juan Patricio.

Petite ville portuaire fortifiée, Colonia del Sacramento fut déclarée patrimoine mondial par l’Unesco en 1995. Le centre historique a gardé les caractéristiques distinctes des autres vieilles villes Uruguayennes. Ses mignonnes maisons colorées et fleuries et ses petites rues irrégulières en vieux pavés lui donne ce cachet typique de l’Espagne du XVIIe siècle.

Ses plages de sable blond (parfois un peu rocheux) s’étendent sur des kilomètres. L’eau n’est pas tout à fait salée parce qu’on est à la croisée du fleuve et de la mer. Sa couleur est un peu brunâtre, mais à des températures de plus de 30 degrés, on s’en fout et s’y baigne allégrement.

Moment de grâce

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On y a passé trois jours. On a lézardé à la plage, bien sûr, mais on n’a pas pu s’empêcher de louer une moto pour flâner dans les terres, chemins magnifiques, champs de maïs, oliveraies, orangeraies, vignobles et  jardins de toutes sortes…

Délibérément égarés dans un rang de gravier, on rencontre une famille de paysans qui parle français! Jorge, le père, a travaillé en Bretagne pendant 17 ans. On passe l’après-midi avec eux, à discuter en goûtant leur vin, puis on dîne avant de repartir pour aller prendre notre bus pour Montevideo.

Si c’est pas de la magie! Et encore…

Mémorable Jour de l’An à Montevideo

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Sachant qu’on allait se poser par là, une amie d’une amie nous a laissé les clés de son appartement près de la mer. C’est ici dans la capitale Uruguayenne que nous avons célébré le Nouvel An.

Le 31 en plein jour, c’est la fête drue dans le centre-ville. Les rues piétonnières ont des airs de club rave. La musique à fond la caisse, les gens dansent, chantent, s’imbibent en trinquant et en se lançant de la bière, du cidre, du vin et de l’eau en riant.

Filles, gars, jeunes, vieux, tout le monde est frénétique! À peine 17h00 et les rues débordent… De monde et de débris. La fête ne fait que commencer!

Après un bon souper bien arrosé, nous sommes allés sabrer le « Brut», entourés d’inconnus sur la plage au son de la mer nocturne rageuse, mais surtout de milliers de pétards et autres feux d’artifices artisanaux; folie collective complètement déjantée! Mémorable Jour de l’An 2010!

Punta del Este

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Notre aventure en Uruguay s’est terminée quelques jours plus tard à Punta del Este. Endroit très convoité par les Brésiliens, entre autres, qui trouvent la ville calme et reposante comparativement à leurs grands centre tels que Sao Paulo ou Rio de Janeiro.

Paysage splendide, la mer y est tempérée et d’un bleu azur parfait, couchers de soleil à pleurer. Mais heureusement qu’on était logés (par de riches amis Brésiliens, justement!).

Pour vous donner une idée, c’est un peu le Canne de l’Uruguay; bref, une place pour les gens très à l’aise. On n’est pas resté longtemps! Trop de chars de luxe, de casinos, de jet-set, de Brésiliennes en G-Strings… Quoi que…

C’est bien deux jours, après on fait un crochet et l’on repart comme on est arrivé… Le feu au cul!

Direction : Mendoza, Route des Vins, puis les Andes et autres surprises! Chante, ma belle, chante!

P.s. : Tout ce qui nous arrive ici est merveilleux. Nous envoyons nos plus belles énergies aux gens qui souffrent en Haïti, ainsi qu’aux personnes présentes pour aider là-bas.

Catégorie : Sur la route

Bons vents de Buenos aires
(ECRIT SUR UN CLAVIER SANS ACCENT… DESOLE…)

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Sous l’effet d’un coup de tete (billets achetes a prix etonnamment abordables, a la fin du mois de novembre; merci bonne etoile!), et parce que nous avions grand besoin de tirer la  »plogue », ma douce et moi avons choisi de celebrer le temps des fetes en Argentine.

A travers mes trois prochains recits et quelques photos, j’essaierai de partager un peu du beat, des particularites, des beautes et de la grace de ce pays trop grand pour etre ratisse en trois courtes semaines. Aujourd’hui: Buenos Aires.

Vive le vent!


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La metropole Argentine doit son nom aux vents heureux qui avaient pousse les bateaux des premiers colons espagnols jusqu’au fleuve Rio de la Plata au bord duquel elle fut construite.

Vents heureux?!

Et comment! Malgre des temperatures qui frolent les 35 degres Celsius (cela est bel et bien l’ete, ici!), tres rarement on se sent etouffes par la chaleur. Toujours une brise pour te temperer et te rappeler que t’es a 12 heures d’avion de ton -20 biologique et que ton char est quelque part givre sous deux pieds de neige.

Les premiers jour passes dans la capitale du tango perdue en terres australes se sont deroules a comtempler et a deballer ses rues comme des presents. Comme une pluie de cadeaux de Noel.

Cite aux milles visages, qu’on a deja surnomme  »la Shanghai de l’Amerique du Sud » ou encore  »la ville Lumiere de l’Amerique du Sud », elle devient tantot Madrid pour son architecture coloniale, tantot Paris pour son chic, tantot Berlin pour ses nombreux espaces verts, tantot La Havane pour son cote tropical delabree, tantot San Francisco pour ses couleurs audacieuses et les fleurs sauvages qui poussent un peu partout, tantot New-York pour sa groove internationale, tantot Barcelone pour son gout demesure pour la fete!

On aime cette ville, elle nourrit les sens de qui veut bien la respirer. Aussi, les Portenos sont en general souriants, faciles d’approche et toujours prets a renseigner celui qui demande.

Quartiers a visiter

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1-La Boca est un vieux quartiers colore, typique du debut du 20e siecle. Les maisons et magasins sont peint en rouge, en bleu, en jaune, en vert, etc… La legende dit qu’un artiste de l’epoque voulant mettre de la vie dans son bled eut l’idee de peindre sa maison avec des restes de peintures utilises pour peindre un bateau accoste au port. Quelques voisins l’imite, puis la mode s’installe et la culture s’en empare.

2-San Telmo est un endroit plein de charme ou l’on peut sentir la vie de quartier. Doux et cinematographique, on aurait envie d’y rester. On y trouve plein de petit magasins, antiquaires, vetements de designers locaux, restaurants, cafes sympathique, auberges de jeunesse. C’est a l’Hotel San Telmo qu’on a sejourne. La plaza Dorrego, non loin, est un espace occupe en partie par des terrasses ou l’on peut manger et boire, ou les enfants aiment jouer pendant que les danseurs de tango tanguent au rythmes de vieilles complaintes argentines.

3-En rafale: Puerto Madero, Recoleta et Palermo, trois quartiers a la mode ou les bars et restaurants sont plus couteux. N’empeche, ils valent vraiment le detour.

En fait, Buenos Aires merite d’etre parcourue en long et en large avec cette fougue qu’elle meme degage. Faut de l’energie: c’est une grande ville, il fait chaud, y’a beaucoup de monde, le rythme est fievreux, les femmes sont belles, les hommes ont du style, ca groove grave, quoi!

Pour touristes avertis!

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-Il faut absolument visiter Tigre, petite banlieue insulaire situee a environ une demi-heure de train de Buenos aires. Les gens y circulent en bateau-bus, en chaloupe, en canot, en yatch, etc… on se croirait dans les bayous de New Orleans ou dans les Iles de Sorel. Surrealiste!

-Le legendaire Cafe Tortoni est le premier cafe ou artistes et intellectuels revolutionnaires allaient se rencontrer pour discuter et boire des coups. Aujourd’hui, trop de touristes obeses vont y boire du Coca Cola et on a plus envie d’y mettre les pieds. C’est ca aussi la revolution.

-Le Theatro Colon est le plus prestigieux d’Amerique du Sud. On y presente surtout du theatre et de l’opera. Parmi ceux qui y ont performer, Richard Strauss et Luciano Pavarotti, entre autres. Presentement a l’affiche,  »Le fantome de l’opera » (sans Rene Simard, ni le gars de Kiss, fak on est pas alles.)

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-Le Parc du 3 Fevrier dans le quartier Palermo est magnifique. On peut y louer velo, canot, patins a roues alignees et admirer de jolies Argentines faire leur jogging.

-Pour un souper exquis et spectacle de tango inoubliable avec orchestre (piano a queue, contre-basse, 2 violons, bandoneon, charango et plus de 20 danseurs-danseuses, La Ventana est l’endroit ideal. D’un chic absolu.

-Parlant de tango, il fut invente dans les bordels, il y a plus de cent ans. Cette danse lascive et langoureuse derangeait bien des gens a ses debuts, mais devint peu a peu la raison d’etre des Argentins, grace entre autres, a un certain Carlos Gardel, genre de  »Rocket » du tango.
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-Les Argentins dansent le tango comme les Quebes jouent au hockey… C’est dit.

-La celebre Mafalda est native de Buenos aires.

Surpris? Vous avez rien vu encore.

La semaine prochaine, je vous parle de l’Uruguay.

Catégorie : Sur la route

Mon ancêtre Nicolas Perrot serait arrivé en Nouvelle-France vers 1660. Il était ce que l’on appelle un engagé. Coureur des bois et serviteur des Pères Jésuites, ces derniers l’instruisent et lui apprennent les dialectes des tribus qu’ils visitent.

En 1667, il établit un poste de traite de fourrures à LaBaye. À cette période, Nicolas restaure la paix entre les Indiens Fox et Ojibwe durant leur guerre.

Le premier contact entre les Indiens Miami et les Européens fut en 1668, alors que Nicolas Perrot les rencontra dans leur village, près de Fox River, au sud du Wisconsin. Nicolas est considéré comme un interprète et un orateur de premier ordre, instruit et doté de talents supérieurs, brave et rusé au possible. Il a une belle écriture et possède l’art de coucher sur papier ses observations.

En 1684, Nicolas entreprend un voyage périlleux, accompagné d’une vingtaine d’hommes, il se rend jusqu’à la baie des Puants, il y délivre la fille d’un chef Sauteux détenue chez les Renards et obtient de ce chef la promesse que sa nation n’entrera pas en guerre avec celle qui s’est rendue coupable de cet enlèvement.

On sait qu’il est respecté par les autochtones qui le surnommaient « l’homme aux jambes de fer ». Marcheur invétéré, ayant parcouru plusieurs dizaines de milliers de kilomètres et ayant affronté les pires périls, il est décédé le 13 août 1717.

Source: Richard Perreault, Joliette

Chez les Algonquins

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Si je raconte tout ça, c’est que j’arrive d’un séjour dans la Communauté anicinape de Kitcisakik, petite communauté située dans la partie nord de la Réserve faunique La Vérendrye dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue.

J’y ai passé du temps d’une qualité sublime et sentis le besoin, à mon retour au bercail, d’aller consulter mon arbre généalogique.

Pourquoi je me suis senti si bien, si à l’aise en compagnie de ces gens que je ne connaissais pas et qui vivent à un rythme si différent du mien? Existe-t-il un lien entre le vécu de mon aïeul et la simplicité avec laquelle j’ai tissé ces nouvelles amitiés ?  Est-ce que je pense trop ?!!

Les réponses importent peu. Ce qui compte, c’est de continuer d’apprendre à travers les questionnements. Ce que j’ai vu là-bas restera gravé dans mon âme à jamais.

Tiers-monde en ce pays

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Les Anicinapek de Kitcisakik n’ont jamais quitté leur terre ancestrale et leur communauté n’a pas de statut légal reconnu. Ils sont en quelque sorte considérés comme des «squatteurs». Ils continuent de vivre sur leur territoire traditionnel, sans bénéficier de logements adéquats, sans eau courante et sans électricité à part celle des génératrices bruyantes. On chauffe au poêle à bois, on cuisine au gaz, etc…

Même si Kitcisakik est située à moins de quatre heures de route du Parlement du Canada, ses quatre cent cinquante habitants vivent dans des cabanes mal isolées d’une seule pièce, sans eau courante, sans toilette et sans électricité. L’absurde, c’est qu’un barrage hydro-électrique coupe la rivière juste à côté du village, à moins de mille pieds du centre communautaire.

Faudrait passer le mot au Grand Bâtisseur John James et au Fossile de l’Alberta.

Jeunesse désorientée

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Les enfants, doivent quitter leurs parents tous les dimanches soir, pour être transportés dans des foyers scolaires à Val d’Or dès l’âge de 9 ans, à quelque cent kilomètres de leur famille pour aller à l’école des allochtones. Ils ne reviennent dans leur famille que les vendredis soir.

Ce déracinement est sûrement une des sources du problème de consommation de drogues et alcools auquel font face plusieurs adolescents Algonquins qui trop souvent ne trouvent autre solution que le suicide.

L’appel de la forêt

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Heureusement, la lumière de vie demeure plus forte et de valeureuses personnes se donnent comme mission de redonner espoir à la relève.

Je suis allé dans la forêt à la rencontre de Monik au « Lac à l’Eau Calme », à une vingtaine de kilomètres du village de Kitcisakik. Elle y passe tous ses hivers dans sa petite cabane en bois rond, en bordure du lac, en compagnie de sa mère, l’aînée des Algonquins à 95 ans (qui ne parle que sa langue), sa sœur, son neveu et son ami Benoît dit « Ti-gars ».

Aussi souvent que possible, elle reçoit des classes de jeunes pour leur enseigner les mœurs traditionnelles, ainsi que l’algonquin, leur langue d’origine, tranquillement en train de tomber dans l’oubli.

Joyeuses Fêtes et bonne année 2010 !

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Malgré les moins 30 degrés Celsius qu’il faisait lors de mon passage à « Lac à l’Eau Calme », mon cœur est encore rempli de chaleur.

Vous pourrez voir un montage de mon séjour dans une des dix émissions de « La Voix Humaine » série présentée l’année prochaine sur les ondes d’ARTV.

Je pars à l’instant pour l’Argentine que j’aurai la chance de parcourir pendant les trois prochaines semaines : vacances bien méritées ! Je reviendrai avec d’autres récits au début du mois de janvier. D’ici là, je vous souhaite de joyeuses fêtes!

Catégorie : Sur la route

On n’oublie jamais l’Inde quand on l’a visité. Moi, c’était au printemps 2008. Je me souviendrai toujours à quel point j’y ai testé mes limites.

Combien j’ai pu affranchir ma tolérance à la fatigue, à la chaleur, développer ma capacité à lâcher prise face aux retards des trains et bus, trouver la force de garder mon calme dans les bains de foules, de rire étouffé dans les odeurs de merde et d’urine mêlées aux parfums d’épices, de fleurs, d’encens.

D’endurer la soif, la faim, les mouches, les cafards, les crachats, les pets, les rots et défécations en public, d’accepter les petites arnaques et usurpations, de voir et entendre les enfants qui quêtent avec trop d’insistance au son des klaxons tonitruants…

Vraiment, l’Inde nous teste constamment… Puis au moment où on croit qu’on va casser, que la coche va péter, l’Inde vient nous charmer avec ses nombreuses et incomparables merveilles: son peuple, sa gentillesse, ses sourires, ses paysages, ses couleurs, ses animaux, sa musique… sa vie, quoi!

Ce sous-continent est fascinant, déroutant, dérangeant; il y a tellement de faces à découvrir et à comprendre dans cette culture si différente de la nôtre… À gaver nos sens d’occidentaux bouffis.

Un de mes coups de cœur en Inde : Varanasi, ville sainte sur le bord du Gange.

Varanasi

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Varanasi est une ville sacrée. Le Gange qui symbolise les cheveux de Shiva a une fonction purificatrice. Selon les mythes hindous, se faire incinérer à Varanasi c’est rompre le cycle des réincarnations et accéder au Nirvana. La frénésie religieuse a encore plus sa place ici qu’ailleurs en Inde.

Dans le petit monde des voyageurs, Varanasi est auréolée d’une aura mystique. Il y a une « énergie » dans cette ville. Qu’en est-il exactement ? Honnêtement, on a été secoués.

D’abord le côté bédé avec ses palais décatis, comme reflets d’une splendeur d’antan. La lumière brumeuse du petit matin qui semble isoler la ville.

Ensuite le cirque coloré le long des ghats (quais), ces escaliers qui longent le Gange sur près de 7 km. On y vient pour prier, se laver, se purifier, se raser (les femmes pèlerins font don de leurs cheveux au fleuve), jouer au cricket, laver son linge, faire l’aumône aux saddhus, pratiquer le yoga, faire sécher des bouses de vaches… ou simplement regarder la vie qui déroule. On y entend pêle-mêle de la musique pop hindi, le bruit des conques et des cloches agitées lors des prières.

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Le Gange

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Sur 7 km, 30 égouts déversent les déchets de 2 millions de personnes. Le Gange est carrément étouffé par la pollution.

Voir des centaines de gens plonger la tête dans cette eau pour se purifier donne froid dans le dos. Des plastiques, des ordures sont déversées dans le fleuve recouvert à certains endroits d’une nappe huileuse. Rassurez-vous, comme nous le dit notre batelier : « Seule la surface est sale, en dessous le Gange est pur » ! Yeah right.

Les rues de Varanasi peuvent aussi donner la nausée. Tous les dix mètres une poubelle en plein air, une bouse, une odeur nauséabonde et des mouches qui se réjouissent. Il faut fermer la bouche et se boucher le nez : apnée temporaire salutaire !

Et malgré tout, Varanasi reste fantastique !

Bûchers funéraires

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Accompagné d’une fanfare, un cadavre est apporté près du ghat Manikarnika, ghat crématoire de Varanasi. Les crémations se font en plein air devant les badauds : touristes affolés et indiens désoeuvrés. La famille du mort est grave, mais ne montre pas son chagrin. L’événement est très lent, sans rituel, sans mise en scène de la mort, sans prêtre.

Enveloppé de tissu et papiers dorés, recouvert de colliers de fleurs, le cadavre est plongé dans l’eau purificatrice du Gange et déposé sur le bûcher.

Un spectacle surréaliste

Au travers de la fumée blanche qui s’échappe du bûcher, on voit soudain un pied en l’air. Parfois les bras calcinés s’élèvent vers le ciel. Une autre fois, une tête chauve restée accrochée à un corps incandescent.

L’odeur, un mélange de plantes odorantes, de charbon de bois et de chairs brûlées déclenche les hurlements des chiens qui espèrent un morceau de viande.

Des visions sidérantes : des enfants lavent énergiquement du linge, la poussière de cendre se déposant sur les vêtements qui sèchent. Une brochette d’hommes regarde nonchalamment les bûchers en se brossant les dents dans l’eau du Gange. Un clébard qui enterre un os tombé ou cette chèvre qui vient manger les fleurs tombées du bûcher en flammes.

Impossible de rendre compte du choc, mélange de sensations fortes, de voyeurisme, d’écoeurement et d’émerveillement.

On ne pourra plus jamais faire un Barbecue comme avant.

Je terminerai mon récit en reprenant la phrase de Monsieur Viau dans RBO: ’’Oui, Varanasi on y va, mais pas avec n’importe quelle agence!’’.

Catégorie : Sur la route