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Yann Perreau

Regardez ça, c’est complètement délirant! Un vidéoclip réalisé par des étudiants de l’UQÀM… Wow!!

Yann ;-)

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Catégorie : Au quotidien

J’AI BEAU ÊTRE EN VACANCES, J’AIME LIRE LES JOURNAUX… PRENEZ UN P’TIT 5 MINUTES, SI VOUS N’AVEZ PAS LU CECI.

YANN

 

Louis Hamelin, Écrivain et collaborateur du Devoir 

Édition du samedi 11 et du dimanche 12 juillet 2009 

C’est bizarre, la mondialisation. Les capitaux sont transnationaux. La parole aussi, en principe. Mais elle ne voyage pas toujours aussi bien. Le fric peut provenir des plus grandes places financières de la planète, l’opinion, elle, devra être tricotée dans la meilleure laine du pays. C’est ainsi que l’on pense encore au pays de Québec.

S’autoriser des quelques erreurs factuelles contenues dans le désormais fameux article de Le Clézio dans Le Monde, publié la semaine dernière, pour refuser de débattre des idées de son auteur était un exercice facile et je comprends très bien que la classe médiatique locale n’ait pu y résister. Mais si l’on s’en tient au sens des mots, présenter Hydro-Québec comme une multinationale «caractéristique du grand capitalisme» était plutôt bien vu, je trouve. 

Peut-être est-il fini le temps où les ingénieurs du cru se faisaient tasser par la Bechtel de San Francisco à l’intérieur même de la Société d’énergie de la Baie-James, mais notre expertise collective aide désormais à barrer des fleuves chinois. Et quand un gouvernement devient dans les faits le bras légal de la grande entreprise, la soi-disant société d’État doit être considérée pour ce qu’elle est, ni plus ni moins: une grosse compagnie. 

Peau de chagrin 

Le Clézio n’a pas raison d’affirmer que le projet de la Romaine condamne le peuple innu à la mort. D’autre part, même une visite éclair des lieux le convaincra aisément que le mode de vie ancestral dont il est question dans sa lettre est une peau de chagrin dont les pouvoirs spirituels n’opèrent pas toujours devant l’avance au galop du monde techno-industriel. Le Clézio a raison sur l’essentiel, ce qui n’est déjà pas si mal: «Pour répondre à la demande grandissante d’énergie des régions les plus avides de notre planète, l’on sacrifie l’existence, l’avenir, la beauté du précieux héritage commun.» C’est de cela qu’il faut parler. 

Le 26 juin dernier, je me trouvais sur les bords de la Romaine, en train d’aider («essayer d’aider» serait plus juste…) trois Innus à dresser un campement traditionnel sur une longue pointe de sable où un vent allié venait balayer taons et mouches noires. Un peu plus loin, la structure nue du shaputuan, équivalent innu de l’arbre à palabres, avait la beauté d’une oeuvre d’art abstraite. Ce sont des images de calme et de paix. À l’intérieur, cependant, j’étais déchiré par un extraordinaire contraste, habité par de tout autres scènes. 

La veille, en compagnie du cinéaste Pierre Bastien, j’avais visité, loin en amont de l’île où nous étions, le chantier de la Romaine. Une expérience presque amusante. Comme se promener dans un gigantesque parc Tonka. Avec un casque de sécurité sur la tête et, sur les épaules, le même dossard fluo que les autres, c’est comme si vous deveniez soudain «one of the boys». Un bon travaillant, fourmi dans la fourmilière. 

Rien pour l’arrêter 

Je ne sais pas bien comment parler de ce que j’ai vu là-bas. Je ne le savais pas, avant l’autre soir. Jamais encore je n’avais été saisi d’un tel sentiment d’écrasante fatalité devant la marche inexorable du progrès. Ça vous prenait à la gorge. On n’en était encore qu’au chantier du camp de base (le «pad»), un kilomètre au nord de la 138, et au milieu des nuages de poussière et des rugissements de la machinerie, du va-et-vient des bulls, des grues, des grattes, des excaveuses et des camions à benne Volvo, on avait l’impression de comprendre enfin ce que les gars du Havre, eux, savaient déjà bien avant que les béni-oui-oui du BAPE se fassent aller le tampon: ce projet-là se ferait, pour toutes les bonnes raisons (lutte contre le chômage et l’exode des jeunes) et toutes les mauvaises (nourrir le Moloch d’une civilisation hyperactive; le grand mensonge d’une énergie verte) et rien ne pourrait l’arrêter. Je n’avais qu’à regarder autour de moi. 

Rien ne pouvait déjà plus l’arrêter. Et c’est ce que les négociateurs de la société d’État ont sans cesse répété à leurs vis-à-vis innus de la bande d’Ekuanitshit. Le projet va se faire. 

À partir de là, on peut discuter… Ils étaient d’autant mieux faits pour s’entendre, tous ensemble, que les négociateurs innus étaient eux-mêmes gracieusement payés par la compagnie Hydro-Québec, promoteur du projet! 

John Saul nous dirait sans doute qu’il s’agit là d’un bel exemple de la circularité de la pensée autochtone. Voici Grand-Père Diderot de Québec, présidant à table, y dispensant ses largesses d’un bord comme de l’autre, reconduisant, à l’ère technocratique, un paternalisme qu’on croyait disparu, mais qui a simplement été modernisé et recyclé, comme pas mal tout le reste. 

Souvenir de Vigneault 

Quatre barrages. Quatre bassins. Quatre, quatre, quatre, disaient les canards, les perdrix et les sarcelles. 

Quand nous avons roulé encore dix kilomètres plus au nord, sur ce chemin de terre tout neuf déroulé au milieu des tourbières condamnées, des abatteuses à l’oeuvre, des rochers éventrés et forés et fourrés de bâtons de dynamite, dans la poussière et le bruit toujours, et que nous sommes parvenus tout à la pointe de ce dispositif géant, au bord d’un fleuve appelé la Romaine, de sa petite plage de sable jonchée de fragments de pierre éclatée projetés par les dernières explosions, juste en haut de la deuxième chute, je me suis rappelé le Vigneault de Fer et titane: «Des animaux vont périr [...] / Mais regarde-moi donc dans les yeux / Tout ce monde à rendre heureux…» 

Je savais déjà que je n’étais pas venu sauver la Romaine. Je n’écris pas ceci pour sauver la Romaine. Peut-être la Sheldrake. Peut-être la Mécatina, un instant tombée dans les bonnes grâces du BAPE, puis aussitôt sacrifiée par la babilingue et bêlante catin qui nous sert de premier ministre. 

J’écris ceci pour l’amie blanche qui m’a aidé à comprendre ce que j’avais vu et senti là-bas, à la Romaine. 

C’est une tragédie, m’a-t-elle dit. Dans une tragédie, impossible d’échapper à son destin: on tue le père, on viole la mère et on s’éborgne soi-même et tout est écrit d’avance. La perte est irréparable et il n’y a aucune issue. 

Et c’est ce que vivent présentement les Innus de la bande de Mingan. Quand il écrit que «la destruction de la rivière Romaine [est] un drame irréversible…», J.M.G. Le Clézio commet une autre erreur, mais minuscule, celle-là. 

Ce n’est pas un drame. Il faut que cela soit dit, et que les bons mots soient utilisés: le harnachement de la rivière Romaine est une tragédie.

Catégorie : Au quotidien

Prière d’y croire…

Par yann 26 juin 2009 / 7 Commentaires »

Salut tout l’monde!

J’ai passé une très belle Fête Nationale sur les Plaines d’Abraham à Québec! La Fête, je l’ai savourée et célébrée en chevauchant l’énergie de ce texte que j’ai écrit  pour la dernière édition du Festval Voix d’Amériques. Je l’ai aussi lue dernièrement à l’émission « Vous êtes ici » animée par Patrick Masbourian sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. 

Bien à vous,

Yann xx

 

Voici deux phrases tirées d’un éditorial de M. Alain Dubuc de La Presse, le 20 janvier 2009 (Journée d’assermentation d’Obama à la présidence des USA…).  «  Le rêve, ce n’est pas du vent. Il y a une puissante énergie dans le rêve d’un peuple, une force créatrice qui peut mener loin si on réussit à la canaliser. ». Belle grandeur d’esprit! Malheureusement, cette permission de rêver n’est pas pour nous, Québécois. M. Dubuc parlait du rêve des Américains… (Hey, eux-autres ils l’ont l’affaire les Amaricains, hein Alain?!)

À lire M. Dubuc et ses amis, j’ai le sentiment de faire partie d’un peuple de bons à rien. Comme si nous n’étions qu’une bande d’individus qui ne devaient se lever chaque matin que pour sauver leur petite et médiocre sécurité matérielle et financière.

La Crise Économique? Je compatis avec ceux que ça bouleverse, mais de mon côté, je la vis depuis que j’ai choisi d’assumer ma vocation d’artiste citoyen engagé indépendant. Ma dignité, mon entreprise, mon écologie, mes combats, mon amour, ma liberté, mon art mes rêves, l’instabilité… je les vis au quotidien. Et ce sont mes durs labeurs qui me donnent ma force. Ma vitalité.

L’existence est mouvement. J’ai pris la décision de construire, de créer, d’innover, de rechercher, de rythmer, de résister aux tentations faciles et aliénantes. Je façonne mon histoire avec soin et courage parce que je la veux merveilleuse, ma vie. Et je ne suis pas le seul.

Non, M. Dubuc, vous et vos amis ne réussirez pas à éteindre cette flamme qui brûle au fond de moi, au fond de million de femmes et hommes de toutes origines nés ici, ou qui ont choisi d’y vivre. Vous pouvez nous dire que le projet de souveraineté du Québec est dépassé, je vous réponds que ce projet est moderne, stratégique et nécessaire économiquement, culturellement, socialement et écologiquement. Vos régimes de peur et de statu anti coïte ne m’envoûtent pas du tout.

Je préfère la planète Passion.

Calme dans la Crise, je le suis, je le serai. Je veux vivre le clair de la brume, l’inverse du fini.

Vivre le jour de la nuit. L’inverse de l’absence.

L’inaltérable fruit de toutes les fleurs d’espoir, réunies.

Et le rêve… cette fureur de vivre… ce besoin d’autonomie.

Mes amis (es), il ne faut pas arrêter d’y rêver, d’y travailler et d’y croire.

Mes amis (es), les doutes font partie de ce grand processus tumultueux qu’est la création ; de soi et de son pays que l’on veut fort, prospère, ouvert et en maîtrise.

Mes amis (es), il faut y croire.

Comme l’a si bien écrit l’éditorialiste québécois Alain Dubuc (!):

«Le rêve, ce n’est pas du vent. Il y a une puissante énergie dans le rêve d’un peuple, une force créatrice qui peut mener loin si on réussit à la canaliser. »

Yann Perreau

 

 

Catégorie : Au quotidien

Tadoussac!

Par yann 15 juin 2009 / 4 Commentaires »

Yo!

Le concert de samedi soir s’est bien passé. La salle était pleine de beau monde et on avait la patate. Seulement deux spectacles présentés et déjà on sent que la sauce va être pas mal cochonne! Le climat dans le band s’avère super cool, on rit ben gros. On est même un peu cons! C’est le syndrome de la vanne… ;-) On s’bidonne beaucoup pis on s’prend pas au sérieux parce qu’on sait qu’on est chanceux d’faire ce métier-là. Jouer de la musique, chanter, danser, donner, recevoir, rencontrer du monde, voir d’autres shows, faire la fête, allumer un p’tit feu sur la plage, se baigner dans le fleuve glacé, se sentir vivant… même si on dort pas beaucoup! Merci et bravo Tadoussac, on aime ton festival! 

Yannito

Catégorie : Au quotidien

Yo!

Après « La grenouille peace », j’ai eu envie de traduire une autre chanson qui me fait tripper. C’est une tune de Björk qui s’appelle « Declare independance » (album Vespertine). Je me la suis librement appropriée. Pour tous les individus, tous les peuples qui méritent leur dignité, leur souveraineté, la liberté de gérer leurs propres ressources, démocratiquement et écologiquement, je persiste et signe en français: « Déclare l’indépendance! ». Merci Mme Björk de souffler sur le feu sacré de l’amour universel.

Yann un ami pas si lointain ;-)  

Déclare l’indépendance

Laisse-les pas t’traîner dans boue !

Déclare l’indépendance

Laisse-les pas t’traîner dans boue ! 

Déclare l’indépendance

Laisse-les pas t’traîner dans boue !

Déclare l’indépendance

Laisse-les pas t’traîner dans boue !

Prends ta place, ton pays


Est une terre d’abondance

Protège ta langue

Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !


Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !
 

 [x4] Fais ta place!



[x5] Fête ta place!



Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !


Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !


Ignore les pessimistes

Le monde est trop beau

Fais-leur la peau

Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !
(X2)



Avec tambours et trompettes


Va en-haut d’la montagne

[x5] Fête ta place!

Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !


Déclare l’indépendance



Laisse-les pas t’traîner dans boue !

Catégorie : Au quotidien